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Avant la machine : comment on vendangeait à Valdevimbre
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Publié le 26 septembre 2026 · 5 min de lecture

Avant la machine : comment on vendangeait à Valdevimbre

Avant les remorques et les cuves réfrigérées, les vendanges à Valdevimbre se faisaient le dos courbé, à l'heure du soleil. Ce qui a changé, ce que nous avons refusé de changer, et pourquoi cela compte.

Septembre à Valdevimbre commence avant l'aube.

Non par hâte d'arriver — la hâte, c'est d'arriver avant que la chaleur n'arrive. Pendant des siècles, ici, les vendanges ne se décidaient pas au calendrier, mais à la température, et la seule façon de vendanger frais, sans aucune machine pour refroidir quoi que ce soit, c'était de vendanger à l'aube, à la main, le dos courbé sur le cep jusqu'à ce que le soleil tape trop fort pour continuer.

C'est ainsi qu'on a fait pendant des générations. C'est ce qu'on a presque entièrement cessé de faire ces trente ou quarante dernières années. Et comprendre ce qui s'est perdu dans ce changement — et ce que les bodegas familiales qui restent refusent encore de perdre — en dit long sur ce qu'est cette terre aujourd'hui.

Des vendanges à famille entière

Les vendanges traditionnelles à Valdevimbre n'étaient jamais l'affaire d'un seul homme. C'était l'affaire de tout un village, réparti par âges.

Les plus jeunes et les plus forts coupaient, courbés entre les ceps bas du gobelet traditionnel — la façon dont on a toujours conduit le Prieto Picudo ici, près du sol, près de ces galets roulés qui gardent la chaleur du jour. Les plus âgés portaient les paniers d'osier — les comportas, comme on les appelait — jusqu'à la charrette à mules qui attendait en bout de rang. Les enfants couraient entre les vignes avec de l'eau et du pain, et apprenaient, sans que personne ait besoin de le leur expliquer, combien pèse une récolte.

Il n'y avait pas de journées de huit heures. Il y avait la lumière du jour, et les vendanges duraient tant que durait la lumière — ou tant que durait la fraîcheur, ce qui, les bonnes semaines, était bien moins long. Un bon vendangeur coupait plusieurs centaines de kilos par jour, courbé, une petite serpette à la main et un panier au côté, et en fin de journée ses mains sentaient déjà le moût avant même qu'un seul grain n'ait touché un pressoir.

C'était dur. Personne qui l'a vécu ne s'en souvient comme d'un moment romantique. Mais c'était aussi la seule façon qui existait de faire du vin ici, et cela se faisait ainsi depuis bien avant que quiconque songe à en écrire la date.

Ce que le tracteur a changé

La modernisation des vendanges à León n'est pas arrivée d'un coup, et pas de la même façon sur toutes les exploitations.

Les remorques sont arrivées en premier, remplaçant la charrette à mules et réduisant le trajet entre la vigne et la bodega de plusieurs heures à quelques minutes — un changement qui, à lui seul, a déjà sauvé une bonne partie du moût d'une fermentation excessive avant même d'atteindre la cuve. Sont venues ensuite les premières machines à vendanger, utiles sur les parcelles plus plates et en espalier, mais qui peinent encore sur un terrain comme celui de Valdevimbre, fait de petites parcelles et de vieux ceps en gobelet où la machine, tout simplement, ne passe pas entre les rangs.

Et surtout, le froid est arrivé. Cuves réfrigérées, chambres d'attente, contrôle de la température à chaque étape — une technologie qui a fait pour la bodega, à l'électricité, ce que les vendanges de nuit tentaient de faire depuis des siècles avec l'horloge. (De cela, de pourquoi la température compte tant sur cette terre, nous en parlons à part.)

Ce que la modernisation a gagné est bien réel, et il n'est pas besoin d'idéaliser ce qui précédait pour le reconnaître : moins d'effort physique extrême, moins de marge d'erreur, une récolte qui ne dépend plus de la seule force d'une famille pour rentrer à temps avant que le temps ne change.

Ce que Valdevimbre a décidé de ne pas changer

Et pourtant, parmi les bodegas familiales de Valdevimbre — la nôtre parmi elles —, certaines parties des vendanges d'autrefois se font encore exactement pareil, non par nostalgie, mais parce que c'est encore, tout simplement, la meilleure façon de bien faire.

Les vieux ceps, nombreux à avoir plus de cinquante ans, se vendangent encore à la main, grappe par grappe, parce qu'aucune machine ne sait encore distinguer une grappe mûre de celle qui a besoin d'une semaine de plus. On coupe encore à l'aube les jours de forte chaleur, même si la réfrigération existe désormais, parce qu'un raisin arrivé frais demande moins d'efforts ensuite. Et la première destination de ce raisin, aujourd'hui encore, ce sont les mêmes marches d'argile empruntées il y a un siècle, jusqu'aux caves souterraines creusées à la main, où aucun thermostat ne règle la température.

Valdevimbre n'a pas rejeté la modernisation. Elle a fait le tri — gardant ce qui aide, et continuant de faire à la main ce qui se fait encore mieux à la main.

Une terre qui n'a jamais cessé de vendanger de la même façon

Si vous venez à Valdevimbre en septembre, vous ne verrez sans doute pas tout le village couper le raisin à l'aube, comme il y a cent ans. Vous verrez quelque tracteur, quelque cuve d'acier là où il y avait autrefois une jarre d'argile.

Mais entrez dans l'une des bodegas familiales qui travaillent encore leur propre terre, et il est facile d'y trouver exactement ce qu'aurait trouvé un vendangeur de 1920 : des mains tachées de moût, des paniers près de la porte de la cave, et la même hâte silencieuse de faire descendre le raisin avant que le soleil ne tape trop fort.

C'est ce que nous montrons à qui nous rend visite en pleine vendange. Pas une démonstration. Une terre qui a décidé ce qu'il fallait moderniser et ce qu'il fallait garder, et qui continue, chaque septembre, à se le demander.

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